Culture

Les 18 ethnies de Madagascar — Focus sur les Vezo

9 septembre 2026

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Les 18 ethnies de Madagascar — Focus sur les Vezo

Madagascar compte officiellement 18 ethnies, chacune avec sa langue, ses traditions et son territoire. Tour d'horizon, puis plongée détaillée chez les Vezo, le peuple de la mer du Sud-Ouest.

Une mosaïque humaine unique

Lorsqu'on parle des ethnies de Madagascar, on évoque traditionnellement 18 groupes reconnus officiellement depuis l'époque coloniale. Cette classification, bien que simplificatrice, reflète une réalité : la Grande Île n'est pas un bloc homogène mais une mosaïque de peuples partageant une langue commune – le malgache – tout en cultivant chacun leur dialecte malgache, leurs croyances et leur mode de vie.

Les 18 ethnies en bref

  • Merina — Hauts plateaux, autour d'Antananarivo. Héritiers du grand royaume merina, riziculteurs et commerçants.
  • Betsileo — Centre-sud, autour de Fianarantsoa. Réputés pour leurs rizières en terrasses et leur sens de l'organisation.
  • Betsimisaraka — Côte est. Pêcheurs, planteurs de vanille et de girofle, fortement marqués par les forêts pluviales.
  • Sakalava — Vaste bande ouest, du nord au sud-ouest. Anciens royaumes puissants, éleveurs de zébus.
  • Tsimihety — Nord. Leur nom signifie « ceux qui ne se coupent pas les cheveux », en signe d'indépendance.
  • Antaisaka — Sud-est. Agriculteurs et migrants saisonniers vers les grandes villes.
  • Antandroy — Extrême sud aride. Peuple des épineux, éleveurs de zébus dans un environnement rude.
  • Antanosy — Sud-est, autour de Tolagnaro (Fort-Dauphin). Riziculteurs et pêcheurs.
  • Mahafaly — Sud-ouest. Connus pour leurs tombeaux sculptés ornés d'aloalo.
  • Bara — Centre-sud, plaines d'Ihorombe. Pasteurs nomades, gardiens de grands troupeaux.
  • Antemoro — Sud-est. Détenteurs de l'écriture sorabe, fortement influencés par l'islam.
  • Antaifasy — Sud-est, autour de Farafangana. Pêcheurs lacustres.
  • Antambahoaka — Sud-est. Petite communauté liée historiquement aux Antemoro.
  • Sihanaka — Région du lac Alaotra. Riziculteurs et pêcheurs d'eau douce.
  • Bezanozano — Forêts de l'est. Anciens charbonniers et exploitants forestiers.
  • Antankarana — Extrême nord, autour de Diego-Suarez. Pêcheurs et marins.
  • Makoa — Côte ouest. Descendants d'anciens esclaves venus d'Afrique de l'Est.
  • Vezo — Côte sud-ouest, autour de Tuléar. Le « peuple de la mer », sur lequel nous allons nous attarder.

Focus sur le peuple Vezo

Où vivent-ils ?

Les Vezo occupent un long ruban côtier du sud-ouest de Madagascar, entre Morombe au nord et Itampolo au sud, avec pour centre névralgique la ville de Tuléar (Toliara). Les villages emblématiques d'Ifaty, d'Anakao ou d'Andavadoaka sont des bastions de cette culture. Le territoire vezo est un univers de sable blanc, de mangroves, de lagons turquoise protégés par la troisième plus grande barrière de corail au monde.

Un lien viscéral avec la mer

Être Vezo, dit-on, ce n'est pas une question de naissance mais de pratique : c'est vivre de la mer. La pêche à la pirogue à balancier (laka) structure le quotidien : sortie au lever du soleil, retour au village pour vendre poissons, poulpes, calamars et concombres de mer. Les hommes pêchent, les femmes transforment et commercialisent. Les enfants apprennent à nager et à manier la voile dès le plus jeune âge.

La connaissance des courants, des vents (l'alizé tsiokatimo), des marées et des récifs est transmise oralement, génération après génération. Cette intimité avec l'océan fait des Vezo des partenaires précieux pour la science marine et la conservation des écosystèmes côtiers.

Langue et dialecte vezo

Les Vezo parlent un dialecte malgache distinct, proche du sakalava du sud, avec un vocabulaire maritime particulièrement riche. On y trouve des dizaines de mots pour décrire les vents, les nuances de la mer ou les techniques de pêche. La prononciation est plus douce que le merina officiel, et certains sons (le tse, le dz) y sont caractéristiques. Apprendre quelques mots de vezo avant un séjour à Tuléar est un signe de respect très apprécié.

Traditions et croyances

Les Vezo conservent un système de tabous (fady) lié à la mer et aux ancêtres. Certaines espèces ne se pêchent pas certains jours ; certaines plages restent interdites. Les ancêtres (razana) jouent un rôle central, invoqués lors des grandes décisions familiales. Les tombeaux, souvent placés près du rivage, sont l'objet de soins particuliers.

La musique et la danse tsapiky, originaires de Tuléar, sont aujourd'hui l'un des emblèmes culturels du sud-ouest, mêlant rythmes traditionnels et guitares électriques.

Pourquoi apprendre quelques mots de vezo ?

Pour un voyageur, savoir dire Akory aby (« Bonjour à tous » en vezo) ou Misaotra betsaka (« Merci beaucoup ») ouvre instantanément les portes. Cela montre que vous ne venez pas seulement consommer un paysage mais rencontrer un peuple. Beaucoup de guides, de pêcheurs et de villageois ne parlent que peu de français : le malgache, et plus encore le dialecte local, est la vraie clé de la rencontre.

Sur HERY MALAGASY, la recherche par dialecte permet de trouver un professeur enseignant le malgache officiel et, selon les profils disponibles, les bases du vezo. Une immersion culturelle commence souvent par la langue.

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